Les Elus Coens après Martinès de Pasqually (3/4)

Publié le par Esh494

chefdebien.jpgL’histoire de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coens de l’Univers après 1780 ne peut se confondre avec celle du temple de Lyon qui, bien qu’étant un des établissements qui marqua le plus l’Ordre par les immenses qualités spirituelles et initiatiques de certains de ses membres imminents, eut, comme nous l’avons présenté, une évolution particulière par rapport à celle de la plupart des autres établissements de l’Ordre. Aussi revenons maintenant sur l’histoire générale de l’Ordre dont celle du temple de Lyon ne représente qu’un aspect et un épisode particuliers, aussi importants et significatifs puissent-ils être.

 

Depuis plusieurs années déjà – que nous pouvons situer autour de 1777-1778 – l’Ordre connaît des problèmes que les différents Orients confessent à leur Grand Souverain et qui sont encore exposés en 1780 à Sébastien de Las Casas, Grand Souverain en charge, dont nous avons évoqué les difficultés au début de notre étude.

 

En effet, dans un courrier du 16 août 1780, plusieurs Orients soumettent à Las Casas des requêtes pressantes. Bien que ne disposant pas de cette correspondance, nous pouvons en deviner le motif par l’analyse de courriers ultérieurs entre différents membres de l’Ordre. 

Ainsi Du Roy d’Hauterive – toujours très attaché, actif et fidèle à l’Ordre même depuis son exil londonien - écrit à Mathias Du Bourg le 22 septembre 1786[1] en dénonçant « les doctrines d’erreur et de mensonge qui ont fait leurs efforts pour se glisser dans l’ordre et qui, jusqu’à présent, n’ont séparé que les Lugduniens qui, selon votre dernière, viennent de rompre les seuls liens qui les unissent à nous, ayant rompu depuis longtemps les liens spirituels et ayant formé de la science un monstre hideux de magnétisme, prophétisme, directoires, ayant séparé tous nos principes comme gangrène (…) »

 

Du rejet de d’Hauterive de la maçonnerie et des frères Coens qui la pratiquent, nous avons un autre témoignage dans une correspondance de Saint-Martin à Willermoz en date du 15 janvier 1787[2] :

« J’ai rencontré par hasard d’Hauterive le surlendemain de mon arrivée [le 10 janvier à Londres]. L’entrevue a été froide de sa part je ne sais pas même s’il n’avait pas dessein de l’esquiver […]. J’ai voulu le mettre à même de voir Tieman, il n’a pas voulu prétendant qu’il ne pouvait regarder comme étant de ses frères tous ceux qui tenaient à la maçonnerie. »

 

Même si ces correspondances sont postérieures de six et sept ans aux revendications des temples auprès du Grand Souverain, les éléments portés à notre connaissance sont révélateurs des problèmes antérieurement rencontrés par l’Ordre et liés à l’évolution de certains frères ; évolution problématique pour les différents Orients dont les griefs sont exposés en 1780.

 

Ainsi, la réponse qu’apporte Las Casas à la requête des Orients est en totale cohérence avec un objet qui serait vraisemblablement une demande d’exclusion de certains frères pour des pratiques jugées inacceptables au regard de l’Ordre. Et nous le devinons au travers des correspondances mentionnées, les points soulevés n’étaient certainement pas étrangers aux activités liées aux expériences de somnambulisme et de magnétisme, mais aussi - et peut-être surtout – à la fréquentation de la maçonnerie dite apocryphe, voire pire, à la divulgation au sein de cette maçonnerie des secrets et mystères de l’Ordre, chose formellement interdite par les Statuts et Règlements Généraux de 1768.

 

Ces griefs pouvaient particulièrement viser les frères membres des nouveaux Directoires rectifiés, Directoires dont les frères Coens qui s’y étaient rattachés affichaient une attitude prosélytiste au sein de l’Ordre ; Directoires aussi au sein desquels étaient enseignés, au plus haut niveau, de façon discrète mais certainement connue de certains, la doctrine et les mystères de l’Ordre.

 

Las Casas répond alors à la requête des Orients de la façon suivante, refusant d’exclure des frères ayant maqué à leurs engagements envers l’Ordre et qui n’avaient, selon lui, de comptes à rendre qu’à leur fidélité à la Chose[3] :

« Je ne veux que me conformer aux principes de mes devanciers. C'est la conduite la plus sage ; c'est celle que me dictent mes propres engagements. Tous nos sujets sont libres, et, s'ils viennent à manquer aux choses de l'Ordre, ils se rendent à eux-mêmes une justice pleine et entière puisqu'ils se privent de tous les avantages qui accompagnent ces choses, et qu'ils ne peuvent plus travailler que sur leur propre fond et à leurs risques et périls, sans grande chance d'obtenir quelque vérité qui ne cache pas un piège atroce. Mais si chacun est libre de sortir, s'il se croit libéré de toute obligation envers la chose, je vous déclare qu'il n'est pas en mon pouvoir d'agir en faveur de ceux qui se sont laissé suborner de l'Ordre : c'est la coutume ; c'est ainsi qu'en ont usé tous mes prédécesseurs et cela pour des raisons majeures devant lesquelles je m'incline et m'inclinerai toujours dans l'intérêt de l'Ordre, quelque affliction que je puisse éprouver du pâtiment d'un sujet. »

 

Cependant, conscient des difficultés que rencontrent alors les temples et de la nécessaire protection dont ceux-ci doivent pouvoir jouir afin de poursuivre leurs travaux en toute discrétion,  à l’abri de toute influence et de toute tentative de dévoiement, Las Casas complète sa réponse par la proposition suivante :

« Vous pouvez donc, si vous le jugez utile à votre tranquillité, vous ranger dans la correspondance des Philalèthes, pourvu que ces arrangements n'entraînent rien de composite. Et puisque les déplacements du T. P. M de T... ne lui permettent pas de prendre en charge vos archives, faites en le dépôt chez M. de Savalette. Vous le ferez sous les sceaux ordinaires. La correspondance et les plans mensuels, ainsi que les catéchismes et cérémonies des divers grades, doivent être scellés de leur orient particulier. Les plans annuels, les tableaux et leurs invocations, ainsi que les différentes explications générales et secrètes, doivent porter ma griffe ou, à son défaut, celle du P. M. Substitut Universel que je préviens par le même courrier ». 

 

Cette réponse de Las Casas, qui laisse aux temples le choix de leur destinée, est couramment et un peu étrangement interprétée par les historiens maçonniques comme un acte de dissolution, ou dans le meilleur des cas, une directive de fermeture des temples des différents Orients. Cependant si nous analysons la teneur de ce courrier, force est de constater que Las Casas ne demande aucunement aux temples de cesser leurs travaux ; il recommande uniquement aux temples qui le souhaitent de s'en remettre à l'administration et aux bons auspices des Philalèthes représentés par Savalette de Langes, Élu Coen du temple de Paris, qui est le véritable inspirateur et fondateur de ce groupe d’hommes, de différentes provenances maçonniques, se désignant comme « amis de la vérité » et conservateurs des différents systèmes, secrets, mythes maçonniques, hermétistes et ésotéristes, et dont les travaux se concentrent autour des la loge des Amis Réunis établie au Grand Orient.

Cependant, avec une grande prudence, Las Casas précise que cette mise sous tutelle ne sera possible et ne pourra être pérenne que dans la mesure où les Philalèthes respecteront les travaux des Coens et qu’aucun élément étranger à la doctrine ou aux modes opératoires de l'Ordre ne sera introduit. Ainsi Las Casas pense-t-il assurer l'intégrité et la survivance de l'Ordre, ou du mois de ses enseignements et travaux, auprès de frères qui en connaissent, du fait de leur appartenance, et les mystères et les principes.

 

Connaissant les divergences d'objectifs et de vision qui pouvaient opposer Willermoz à Savalette, et donc les Directoires rectifiés aux Philalèthes, et qui se cristallisèrent autour du Convent de Wilhelmsbad – et plus tard dans le refus des Directoires de participer aux Convents des Philalèthes à Paris en 1785 et 1790 -  on ne s'étonnera pas d'une telle recommandation de la part de Las Casas qui met ainsi les temples à l’abri de l’emprise du système des Directoires rectifiés. Et même si nous reconnaissons pleinement le rôle stratégique, primordial et décisif des Directoires dans la conservation et la transmission prudente de la doctrine de Martinès, nous reconnaissons aussi l’utilité de la mesure conservatoire de Las Casas. En effet, alors même que le grand Souverain ne pensait pas pouvoir à lui seul régler les différents et maintenir l’ordre au sein des Orients, cette mesure permit aux temples Coens de continuer à se développer et à leurs travaux de se dérouler en toute tranquillité à une époque où le magnétisme et le somnambulisme s’emparaient de certains temples, et où l’esprit lyonnais se concentrait sur la constitution d’un nouveau Régime maçonnique et chevaleresque.

 

Ainsi en 1784 Sébastien de Las Casas remet-il les destinées de l'Ordre entre les mains des Philalethes en confiant toutes les archives de l’Ordre à Savalette de Langes.

 

Cependant, ce transfert, non pas d’autorité spirituelle et souveraine, mais de « protectorat », ne s’accompagne ni de la fermeture ni de la dissolution des temples. Au contraire, ceux-ci continuent à travailler en silence et en toute discrétion. Nous voulons pour témoignages de cette activité :

-    les instructions du temple de Bordeaux envoyées au temple de Toulouse pour une célébration en date du 24 mars 1787 ;

-  la réception du Chevalier de Guibert le 24 mars 1788 auquel le frère Vialette d’Aignan – reçu en 1785 – s’adresse en ces mots :

« Vous venez d'être initié, mon Très Cher Frère, dans un ordre qui, ayant pour but de ramener l'homme à sa glorieuse origine, l'y conduit comme par la main, en lui apprenant à se connaître, à considérer les rapports qui existent entre lui et la nature entière dont il devait être le centre s'il ne fût pas déchu de cette origine, et enfin à reconnaître l'Être suprême dont il est émané. »

 

De même, les travaux théurgiques continuent comme en témoigne une correspondance de 1792 de Louis-Claude de Saint-Martin à Kirchberger relatant les travaux et expériences d’Hauterive au sujet desquelles le baron le questionnait[4] :

« Je vous dirai seulement que j’ai connu M. d’Hauterive, et que nous avons fait un cours ensemble. » (Lettre du 11 août 1792)

puis :

« Votre 7ème question sur M. d’Hauterive, me force à vous dire qu’il y a quelque chose d’exagéré dans les récits qu’on vous a faits. Il ne se dépouille pas de son enveloppe corporelle : tous ceux qui, comme lui, ont joui plus ou moins des faveurs qu’on vous a rapportées de lui, n’en sont pas sortis non plus. (…) Il n’en est pas moins vrai que si les faits de M. de Hauterive sont de l’ordre secondaire, ils ne sont que figuratifs relativement au grand œuvre intérieur dont nous parlons ; et s’ils sont de la classe supérieure, ils sont le grand œuvre lui-même. Or, c’est une question que je ne résoudrai pas, d’autant qu’elle ne vous avancerait à rien. » (Lettre du 6 septembre 1792)

enfin :

« Quant à l’article touchant M. d’Hauterive, il est encore très conforme à mes propres idées. Cette séparation de l’âme et du corps n’est sans doute pas réelle, je me la représente comme un songe dans lequel on peut très bien voir son propre corps sans mouvement. Vous me dites : si les faits de M. d’Hauterive sont de la classe supérieure, c’est le grand œuvre lui-même. Voilà sans doute une très grande vérité, c’est la thé… [théurgie] des anciens, et un semblable fait bien avéré équivaut à un principe. » (Lettre du 16 octobre 1792)

 

Cette correspondance est d’autant plus intéressante qu’elle nous renseigne en 1792 sur la reconnaissance que peut avoir Saint-Martin de la nature supérieure dont peut participer la théurgie.

 

Le temple de Lyon lui-même poursuit quelques activités après 1780. Une correspondance entre Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz, en date du 3 février 1784, en atteste, montrant l’intérêt toujours vif de ce dernier pour les travaux théurgiques[5] :

« Par la dernière, je vous ai promis Très-Cher Maître, une autre épitre, et la voici. L’intention est une bonne chose, mais elle ne suffit pas ! Voyez Oza… Mais sans aller jusque là, je sais ce qui m’est arrivé pour avoir employé un « Nom » qu’on m’avait donné pour merveilleux !… Je ne l’écrirai pas, mais j’en ai eu assez pour n’y pas revenir. Je croirais donc que nous devrions nous borner à ceux qui sont parfaitement connus : Anges, Archanges, etc… »

 

Même si ces activités lyonnaises sont vraisemblablement très ralenties ou interrompues - comme nous l’avons vu précédemment - par les activités mesméristes et le développement du Directoire d’Auvergne entre 1785 et 1790, elles ne sont pas inexistantes ou reprennent par la suite. En témoigne le récit de Joseph-Antoine Pont au neveu de Willermoz, de sa réception dans l’Ordre :

« Je suivis son conseil [de Madame Provensal] et vers 1795, je fus initié. Comme vous, sans doute, très Cher Frère, je croyais qu'au grade suivant je trouverais la perle promise ; comme tant d'autres, je me trouvai au terme sans avoir découvert ce bijou...»[6] 

 

Enfin, des activités parisiennes sont organisées par le très actif et influant Bacon de la Chevalerie qui reçut le Chevalier d’Harmensen. Ce dernier relate son entrée dans l’Ordre dans un courrier du 12  juillet 1806 au très puissant marquis de Chefdebien d’Armissan, Haut Dignitaire du Grand Orient, promoteur du très prisé Rit Primitif de Narbonne[7] appelé aussi Rite des Philadelphes, auquel le chevalier d’Harmensen sollicite son admission :

« En avouant que le Rit Primitif m'était tout à fait inconnu, je demandais à le connaître, et mon ardeur était mon seul titre, puisque je n'appartiens à aucun Rit qui conduise à celui-là, et je crois ce que j'ai toujours dit. Le Frère Bacon de la Chevalerie, envers qui j'ai usé de même sorte, relativement au Rit Cohen, qu'il professe, m'a traité avec plus d'indulgence. Mais vous l'eussiez fait comme lui, si nous nous étions trouvés plus rapprochés, et si la distance et les malentendus des lettres ne m'avaient fait perdre dans votre esprit, alors que je croyais faire ce qui m'était possible, pour, au contraire, y gagner. »[8] 

Le marquis lui répond alors en date du 23 juillet de la même année :

 « Je vous félicite d'avoir inspiré un juste intérêt au Très Révérend Frère Bacon de la Chevalerie. Je le reconnais pour Maître dans la carrière du Rit C. (Cohen), peu connu, et qui doit rester tel ; avec les connaissances variées et multipliées, que vous possédez et ce que vous pourrez acquérir, auprès de cet Illustre Substitut Universel, …»[9]

 

(à suivre)



[1] Louis-Claude de Saint-Martin, Lettres aux Du Bourg (1776-1785), publiées par Robert Amadou -  L’Initiation, Paris 1977

[2] Papus, Louis-Claude de Saint-Martin. Sa vie. Sa voie théurgique. Ses ouvrages. Son oeuvre. Ses disciples. Ed Chacornac – Paris, 1909 et Demeter – Paris, 1988

[3] Anciennes archives Villaréal. B. (Las Casas) III.

[4] Correspondances inédite de Louis-Claude de Saint-Martin dit le Philosophe inconnu et Kirchberger, baron de Libisdorf, ouvrage recueilli et publié par L. SCHAUER et A. CHUQUET, Paris, Dentu, 1862

[5] Papus, op. cit.

[6] Lettre du 8 décembre 1832 adressée au neveu de Willermoz – Archives de la Ville de Lyon

[7] Rite importé par la Marquis de Chefdebien d’Aigrefeuille et dont la Loge Mères des Philadelphes de Narbonne fut le phare dès 1779.

[8] Benjamin Fabre, Un Initié des Sociétés Secrètes supérieures « Franciscus, Eques a Capite Galeato » 1753-1814, Archè Milano, 2003

 [9] Idem.

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Smaragdus 16/04/2012 21:09


Bonsoir mes chers frères,


Et tout d'abord, merci infiniment pour la douceur de vos réponses respectives. Peut-être était-il difficile de répondre à mes questions tout simplement parce que, déjà, elles ne sont pas très
précises dans ma tête.


Je comprends votre argumentation, Esh, et je souscris totalement à cette approche respectueuse des différents courants. C'est important pour les comprendre les hommes, j'en suis persuadée tout
comme vous. Cà l'est beaucoup moins pour approcher Dieu. Ce qui me fait sans doute le plus mal (et ce n'est pas un vain mot) c'est lorsque je me rends compte que tous ces hommes (ou ces femmes)
parvenus à un grand niveau de spiritualité continuent de s'entre-déchirer sans chercher à transcender leurs différences pour se réunir en Lui. Oui, c'est cela, je crois, que je parviens pas à
comprendre et qui me laisse perplexe.


Pour ce qui est des secours de l'Eglise, merci A Tribus Liliis car votre réponse m'a déculpabilisée en sorte. Mon propre parcours a fait que j'ai eu cette chance extraordinaire de choisir d'être
chrétienne, d'être baptisée parce que je le désirais et non pas parce que mes parents en avaient décidé ainsi pour moi dès mon plus jeune âge. Je garde du reste de mon baptême un souvenir
impérissable, lumineux, joyeux, avec ce sentiment d'avoir vécu hors du temps pendant toute cette liturgie. Pour autant, je ne suis pas une pratiquante régulière (loin s'en faut). Mais lorsque je
rentre dans une église, à l'occasion, et qu'un office s'y déroule, j'y reste, je chante et je revis ce moment de communion hors du temps, comme s'il s'était déroulé juste la veille. Et la
question que je posais était : en quoi la régularité de la réception des sacrements est-elle si importante pour notre déification ? Si nous recevons un sacrement alors que nous n'avons ni le
coeur, ni la tête à cela, à quoi sert-il au juste ? Atteint-il son but si notre coeur n'est pas ouvert ? En d'autres termes, à quelle écoute devons-nous nous mettre pour rencontrer Dieu ? A
l'écoute de Dieu lui-même ou à l'écoute de nous-mêmes ?


Voilà. Je ne suis pas certaine d'avoir été plus claire. C'est tellement fin, tellement subtil. Ce qui est sûr en tous cas, c'est que vos réponses respectives ont commencé à résoudre le paradoxe
et m'ont apaisée un peu. Je ne saurais dire encore exactement en quoi, ni pourquoi, mais je le sens. Alors merci.


Mais, bon, tout ceci nous éloigne sensiblement du sujet premier de Esh. Pardon pour cette digression  :-)


Bien fraternellement.

A Tribus Liliis 15/04/2012 21:44


Chère soeur Smaragdus, bien sûr que je vais répondre à votre provocation :-)


"Hors de l'Eglise point de salut" ? Il faut savoir ce que l'on entend par là.


Je mets en fait que n'importe qui peut atteindre une expérience authentique de Dieu sans le secours de l'Eglise, dès lors qu'il est mû par l'Esprit-Saint, lequel souffle où il veut comme le Crist
lui-même nous l'a enseigné. Mais je mets aussi en fait que c'est seulement au sein de l'Eglise, qui est le Corps mystique du Christ, que tout homme peut parvenir à la déification, car c'est en
elle que son Fondateur a rassemblé les instruments pour y parvenir, qui sont les sacrements, au premier rang desquels l'eucharistie, qui opère la participation concrète de notre humanité à sa
divinité par le medium de son humanité.


Les autres expériences authentiques sont... authentiques mais limitées? Elles peuvent procurer une union bienheureuse de l'âme avec Dieu, mais le processus de déification est bien plus complet
car total, puisqu'il met en cause le tout de l'homme : corps, âme et esprit.

Smaragdus 13/04/2012 14:07


Bonjour monfrère,


En lisant ce nouveau billet, je me suis posée deux questions (vous me direz, je m'en pose peut-être un peu trop...).


La première était de savoir s'il y avait un lien (et si oui, lequel) entre les Philalèthes et ce que l'on appelle "les Frères Aînés de la Rose-Croix" ?


La seconde est moins une question qu'une réflexion intérieure. Je repensais au parcours de Louis Claude de Saint Martin qui, finalement, s'était progressivement détaché de toute structure
initiatique (sans pour autant en contester l'utilité) pour pouvoir approcher la "Chose" dans la plus grande "nudité spirituelle" possible. Rien de péjoratif dans ce terme de nudité; juste la
volonté de traduire le fait qu'il a voulu se présenter à Dieu à la seule et simple force de beauté de son âme. N'avait-il pas raison finalement ?


Je souris intérieurement car j'entends et je vois d'ici A Tribus Liliis s'écrier "Malheureuse, orgueil que tout cela et point de salut sans les secours de l'Eglise". Paradoxalement, je pense
aussi qu'il aurait raison car la Tradition doit servir de phare et son feu être entretenu avec un respect rigoureux pour conserver son rôle de cap. Mais d'un autre côté, je me dis, n'y
a-t-il pas danger aussi de voir la fraternité se déchirer (comme vous le soulignez d'ailleurs dans ce billet) sur ce qui doit être conservé ou pas, dans tel sens plutôt que dans tel autre...
bref, une autre forme d'orgueil, plus subtil certes, apparemment mieux intentionné, mais de l'orgueil humain quand même. Encore.


Pour ma part, j'ai un peu de mal à résoudre ce paradoxe. Donc, voilà, qu'en pensez-vous ? Vous ou les autres contributeurs d'ailleurs. Je suis preneuse d'autres visions des choses.


Bien fraternellement.

Esh494 16/04/2012 18:37


Chere Smaragdus, Je vous prie de m'excuser pour ce retour tardif à vos questions. Concernant le 1er point je ne saurais trop vous répondre. Les Philalèthes étudiaient de nombreux rites et pouvaient
disposer d'archives ou documents en provenance de multiples courants spirituels et initiatiques. De là à di qu'il y ait eu des liens organiques oundiscrets avec telle ou telle société je ne saurais
l'avancer. Mais on peut supposer que certains frères de cette association des Amis de la Vérité puissent avoir eu des contacts avec les Frères Aînés de la Rose+Croix, société initiatique que je ne
connais pas particulièrement. C'est malheureusement tout ce que je puis vous dire à ce sujet. Pour le deuxième point, je pense qe à Tribus Liliis vous a donné tous les éléments que je partage
complètement. Enfin, effectkve'ent il peut y avoir des déchirures chaque fois que l'orgueil veut supplanter l'intérêt général et se donner raison. Je pense que,dans toute société initiatique il
faut savoir prendre le temps de comprendre et de vor ce qui correspond à nos inclinations et nous parle et ainsi nous permet de nous développer et de grandir spirituellement. Raison pour laquelle
je ne veux jamais opposer telle approche à telle autre ou telle doctrine à telle autre. Il faut respecter l'essence de chacune, les étudier, les comprendre et le cas échéant en corriger les erreurs
ou redresser les biais une fois ce travail fait et je, fois complètement intégré la nature de la science. Mais en aucun cas porter un dictat dessus et vouloir abolir et réformer tout ce qui ne nous
convient pas. Ceci est destructeur et mortifère car c'est tuer l'esprit; c'est aussi un déicide car c'est tuer l'Esprit. Je ne suis pas certain de vous avoir r.epondu totalement. Aussi,
n'hésitez-pas a intervenir de nouveau. Amitiés fraternelles en Xt ressuscité.


A Tribus Liliis 12/04/2012 19:31


attention, mon bien cher Esh, aux coquilles : l'une d'elle vous fait écrire que Pont était le neveu de Willermoz, ce que vous n'avez pas voulu dire, comme en témoigne la note 6. Mais le fait est
là.

Esh494 13/04/2012 09:23



Merci cher a Tribus Liliis de votre vigilance. Correction faite.