Réconciliation, résurrection, réintégration et déification (5/5)

Publié le par Esh494

Hagia-sophia.jpgNous le savons maintenant, la réconciliation et la réintégration sont les deux étapes indispensables pour mettre l’homme en situation de  recouvrer son état originel. Nous avons vu que ce n’est pas l’esprit seul qui recouvrera cet état mais aussi la chair ressuscitée au jour du Jugement dernier, chair transmuée en corps de gloire, telle que nous l’a montrée Notre Seigneur Jésus-Christ par sa transfiguration sur le mont Thabor. La question s’est alors posée de ce qu’est réellement l’état originel de l’homme et dans quel lieu allait-il finalement trouver sa vraie demeure, cette demeure devant être en parfaite correspondance avec l’état de celui qui est appelé à y séjourner.

 

Nous avons traité de l’état originel de l’homme dans notre étude « Une approche de la réintégration : image et ressemblance » (déc. 2011). Nous y avons vu que l’homme originel est avant tout une pensée de Dieu. Il naît dans la pensée divine, ou plutôt la nature humaine naît de cette pensée comme un archétype, parfaite image et ressemblance du Créateur conformément à son divin dessein. Suivant Martinès,  cette pensée est alors émanée du Créateur qui lui donne une certaine existence, une réalité. L’archétype trouve l’être, devient créature de nature humaine, c’est à dire esprit incorporé dans un corps de gloire :

« Vous savez que le Créateur émana Adam, homme-Dieu juste de la terre, et qu'il était incorporé dans un corps de gloire incorruptible.» (Traité, 43)

 

Le premier homme, suivant Martinès, est émané dans la sphère divine. Il est supérieur dans ses principes, vertus et qualités à toute les classes d’esprits désormais entachées par leur première prévarication, et possède toute la puissance que lui a accordée son Père afin d’opérer son œuvre sur toutes les créatures spirituelles et animales et principalement un verbe de création :  

« Il avait les mêmes vertus et puissances que les premiers esprits, quoiqu'il ne fût émané qu'après eux. Il devint leur supérieur et leur aîné par son état de gloire et la force du commandement qu'il reçut du Créateur. Il connaissait parfaitement la nécessité de la création universelle, il connaissait de plus l'utilité et la sainteté de sa propre émanation spirituelle, ainsi que la forme glorieuse dont il était revêtu pour agir dans toutes ses volontés sur les formes corporelles actives et passives. C'était dans cet état qu'il devait manifester toute sa puissance pour la plus grande gloire du Créateur, en face de la création universelle, générale et particulière. » (Traité, 6)

 

Adam est ainsi émané image et ressemblance du Créateur, et Martinès le qualifie de : « premier homme, Dieu émané, que nous nommons Adam ou premier père temporel, ou homme roux, ou Réaux, qui signifie homme-Dieu très fort en sagesse, vertu et puissance, trois choses très saintes et innées avec certitude dans l'homme, et qui font en lui la pensée, l'image et la ressemblance du Créateur. » (Traité, 27) D’où il conclut que « Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable émule du Créateur. » (Traité, 8). Le Maître exprime ainsi dans cette phrase la qualité « quasi divine » de la nature humaine émanée  dans l’immensité divine.

 

Voici l’homme originel, à la genèse de son existence et de sa carrière. C’est un dieu, et sa nature humaine est quasiment assimilable à la nature divine en ce qu’elle en est l’exacte image et ressemblance. Et c’est bien à recouvrer cet état que l’œuvre de réintégration l’appelle.

 

Cependant, sitôt émané dans le sein de la divinité, ou immensité divine, Adam est émancipé pour accomplir la mission qui est la sienne : « L’Eternel le détacha de son immensité divine pour être homme-Dieu sur la terre. » (Traité, 47)

Cette émancipation ne peut alors être entière et effective que si l’homme est libre et peut donc  jouir complètement de son libre arbitre, suivant sa volonté propre pour agir et opérer, c'est-à-dire pour user du verbe de création inné en lui. C’est pourquoi il est précisé que :

« Le Créateur ayant vu sa créature satisfaite de la vertu, force et puissance innées en elle et par lesquelles elle pouvait agir à sa volonté, l'abandonna à son libre-arbitre, l'ayant émancipée d'une manière distincte de son immensité divine avec cette liberté, afin que sa créature eût la jouissance particulière et personnelle, présente et future, pour une éternité impassive, pourvu toutefois qu'elle se conduisît selon la volonté du Créateur. » (Traité, 11)

 

De cette liberté totale d’usage de son libre arbitre, naît alors la possibilité pour le premier Adam de décider et agir selon sa propre volonté et non selon les préceptes et commandements de son créateur, c'est-à-dire la possibilité de désobéir ou même de vouloir se mesurer à son créateur en laissant dominer son ego, pensant s’accomplir ainsi totalement alors même qu’il devait trouver la gloire et la grandeur dans la restauration de la création déchue, véritable coopération à l’œuvre divine. Ainsi, de cette possibilité qui serait à elle seule cause d’une nouvelle chute –  après celle des premiers esprits émanés, découle une altération de l’état de l’homme qui, bien que restant image de Dieu n’est plus qu’à la ressemblance de son Créateur et non plus ressemblance totale. Ainsi, le premier homme, premier Adam, étant créé image et à la ressemblance, ce qui signifie qu’il aura dès son émanation et émancipation des traits de ressemblance, ne jouira donc pas d’une ressemblance parfaite. Cependant, la ressemblance faisant partie du dessein original divin,  elle est bien inscrite en potentialité dans l’homme auquel Dieu donne toute faculté pour l’acquérir. Ou plutôt la reconquérir. Aussi, comme nous l’avons vu l’homme  conserve en lui tout le potentiel de ressemblance qu’il devra alors recouvrer par ses œuvres, capacité donnée à l’homme étant le véritable fruit de l’amour de Dieu pour sa créature.[1]

 

Mais alors, comment réaliser cette idée initiale divine de ressemblance ? L’image conservée, bien que peu à peu altérée, donne à l’homme la faculté d’acquérir la ressemblance. Cette faculté s’exprime quant à elle dans les œuvres ou opérations de l’homme. La nature de ces opérations rendra ou non, à son tour, l'homme plus ressemblant. L’homme se met ainsi en route vers la réconciliation, la réintégration et la résurrection de la chair  - dont nous avons précédemment exposé la portée et le sens mystique et religieux, autant dans la doctrine chrétienne que chez Martinès - qui tracent le chemin vers l’acquisition de cette ressemblance.

 

Notons que les saintes écritures commencent leur récit avec l’émancipation d’Adam et pourraient – à première vue - paraître méconnaître l’état préalable de l’homme ou plutôt de l’archétype de la nature humaine qui n’est évoqué que par la seule pensée divine : « Puis Dieu dit: “Faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance!”» [2]. Le premier séjour de l’homme que celles-ci nous décrivent est alors le Jardin d’Eden – appelé communément par la suite paradis terrestre - c'est-à-dire son lieu d’émancipation et non pas l’immensité divine de son émanation. « L’Eternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait façonné. » [3] ce que Martinès interprètera comme lieu spirituel de la façon suivante :

« Adam conçut et opéra sa mauvaise volonté au centre de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement paradis terrestre et que nous appelons mystérieusement terre élevée au-dessus de tout sens. Cet emplacement est ainsi nommé par les amis de la sagesse, parce que ce fut dans ce lieu connu sous le nom de Mor-ia où le Temple de Salomon a été construit depuis. La construction de ce temple figurait réellement l'émanation du premier homme. […]. Cette couche spirituelle, dans laquelle le Créateur plaça son premier mineur, fut figurée par six et une circonférence. Par les six cercles, le Créateur représentait au premier homme les six immenses pensées qu'il avait employées pour la création de son temple universel et particulier.» (Traité, 22)

 

Aussi, la réintégration finale proposant à l’homme comme but de recouvrer ses qualités primitives, c'est-à-dire l’image et la ressemblance, n’est-elle pas et ne peut-elle pas être un simple retour à l’état ni au lieu élevé de son émancipation. Cette réintégration doit proposer un but plus grand et plus sublime. Elle doit permettre à l’homme de recouvrer la qualité de sa nature humaine originelle, de se confondre avec son archétype, c'est-à-dire de reconquérir sa qualité de Dieu, raison pour laquelle de nombreux Pères de l’Eglise s’accordent à dire que  « Dieu s’est fait homme, pour que l’homme devienne Dieu » [4]. Il ne s’agit pas ici d’une simple résurrection – si ce n’est de celle de la nature humaine primitive dans son principe – mais d’une véritable déification.

 

Cette déification ne peut se faire qu’après le Jugement Dernier de Notre Seigneur Jésus-Christ, c'est-à-dire la Parousie qui sera accompagnée de la résurrection des corps dans leur état originel de gloire. Car l’homme ne serait être homme s’il n’était pas esprit incorporé et il ne saurait être déifié s’il n’avait recouvré l’intégralité de sa nature humaine originelle. Ces hommes, union indissociable de chair de gloire et esprit, ainsi appelés à cette réintégration finale et intégrale, reposeront enfin auprès du Christ vainqueur, de l’Agneau triomphant, dans le Royaume des Cieux, la Jérusalem Céleste, le lieu de la présence divine où ils seront inondés de la douce, enivrante et apaisante chaleur et lumière de la Gloire du Père, même si préalablement, et dans cette attente et espérance ultime, la béatitude avait déjà été offerte aux âmes justes. Il ne s’agit pas là du paradis terrestre retrouvé mais de ce que l’on nomme communément le paradis céleste, le lieu des Justes qui sont les premiers appelés à la déification, et les garants de la déification de la multitude, ayant recouvré la ressemblance divine ; lieu plus glorieux et plus élevé que celui de l’émancipation initiale de l’homme ; lieu de la proximité immédiate, lieu qui est aussi immensité divine. Martinès évoque cette ultime étape de la destinée de l’homme, sans vraiment la développer dans le Traité, dans le passage suivant :

« De même que, lorsque l'âme est unie au corps, elle forme temporellement une unité parfaite avec lui, mais lorsqu'elle se sépare de son corps, elle forme alors deux divisions distinctes, dont l'une, en répétition du nombre majeur septénaire des tribus, demeure, si elle est juste , sous la protection divine et sous les ailes de la gloire de l'Eternel, et l'autre, en répétition du nombre quinaire des tribus errantes, reste sur la terre, en privation de toute action spirituelle jusqu'à sa parfaite réintégration.» (Traité, 273) [5]

 

C’est ainsi que tout Réau-Croix, parfaitement conscient de la sublime destinée qui est la sienne, s’il sait s’en rendre digne par ses opérations et dans son sacerdoce, appellera à la réalisation de ce destin fabuleux à l’occasion de ses invocations en s’écriant :

« Tant de misères accumulées sur moi, méritées par moi, et qui ne doivent leur naissance qu'à moi seul, sont entre tes mains bienfaisantes, ô mon Dieu, des instruments salutaires pour me ramener à mon premier état par le repentir et la résignation. Mon repentir sur mes fautes et mes résignations à endurer les peines que j'ai encourues Te sont connues et Tu ne peux y être insensible, ô +10,  Toi qui sans cesse Te manifestes par ta miséricorde autant que par ta justice ; Toi, ô Père tendre, qui ne punis ta créature que pour lui pardonner ; Toi dont, il est vrai, la justice m'a fait tomber de si haut, mais dont l’œuvre m'élèvera plus haut encore ! » [6]

Appel qui est une demande insistante de salut et de promesse de la vie éternelle dans la Gloire et la Paix du Christ, mais aussi, hic et nunc, de jouissance des prémices de cette béatitude et de cette réintégration, dans le résultat des opérations son sacerdoce et la présence vivifiante, réconfortante et sanctifiante de La Chose.



[1] Pour plus de développement sur ce sujet, le lecteur pourra se reporter à notre billet de déc. 2011 : « Une approche de la réintégration : image et ressemblance 5/5 » 

[2] Gen. 1, 26

[3] Gen. 2, 8

[4] St-Irénée mais aussi Hippolyte de Rome, Athanase d’Alexandrie, Maxime le Confesseur et d’autres encore

[5]La parfaite et intégrale réintégration dont il est fait ici état est bien double : réintégration de l’état glorieux de la chair mais aussi réintégration dans leurs essences spiritueuses des scories élémentaires, étrangères à la nature humaine originelle, qui étaient venues habiller cette nature et appesantir le corps de gloire consécutivement à la chute.

[6] Extrait de la seconde invocation des travaux d’équinoxe : Fonds Vichy, V 106 liasse 5 pièce 6

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A Tribus Liliis 18/09/2012 22:24


Je vous remercie, Esh, pour ces commentaires qui renouvellent complètement la question. Ces notions si délicates à manier étaient sclérosées par des exégèses académiques qui agiisaient comme le
lit de Procuste, en les torturant, ces notions, pour les faire s'ajuster bon gré mal gré à des théories préconçues. Vous, vous leur donnez une nouvelle vie; Grâces vous soient rendues !


 

Smaragdus 31/08/2012 15:20


Bonjour mon frère,


En lisant votre billet (et notamment la référence au § 22 du Traité), il m'est revenu une réflexion intérieure, non pas sur l'état glorieux d'Adam, mais sur la Houva cette fois associée aux
nombres, qui m'avait fait parvenir à la même conclusion que vous mais en prenant le problème "par l'autre bout", si je puis dire. 


Comme vous le relevez vous-même, Martinès relate la formation de l'Adam originel ainsi : §22 "Le Créateur avait formé le premier homme
sans le secours d'aucune opération physique matérielle. Cette couche spirituelle, dans laquelle le Créateur plaça son premier mineur, fut figurée par six et une circonférence. Par les six
cercles, le Créateur représentait au premier homme les six immenses pensées qu'il avait employées pour la création de son temple universel et particulier. Le septième cercle, joint aux six
premiers, annonçait à l'homme la jonction que l'Esprit du Créateur faisait avec lui pour être sa force et son appui. (...) Adam avait en lui un acte de création de postérité glorieuse, semblable
à celle qu'il avait avant sa prévarication, forme impassive et d'une nature supérieure à celles de toutes les formes élémentaires. Adam aurait eu toute la gloire de ces sortes de créations. La
volonté du premier homme ayant été celle du Créateur, à peine la pensée de l'homme aurait opéré que la pensée spirituelle divine aurait également agi, en
remplissant immédiatement le fruit de l'opération du mineur par un être aussi parfait que lui. Dieu et l'homme n'aurait fait à tous les deux qu'une seule opération, et c'était
dans ce grand oeuvre qu'Adam se serait vu renaître avec une vraie satisfaction puisqu'il aurait été réellement le créateur d'une postérité de Dieu."


Qu'en est-il à présent de la houva ? Comment et en quoi Adam a-t-il failli ? §22 "C'est en réfléchissant sur un état si glorieux qu'Adam
conçut et opéra sa mauvaise volonté, au centre de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement "paradis terrestre" et que nous appelons mystérieusement "terre élevée
au-dessus de tout sens". (...) § 23 "Adam, rempli d'orgueil, traça six circonférences en similitude de celles du
Créateur, c'est-à-dire qu'il opéra les six actes de pensées spirituelles qu'il avait en son pouvoir pour coopérer à sa volonté de création. Il exécuta physiquement et en présence
de l'esprit séducteur sa criminelle opération. Il s'était attendu à avoir le même succès que le Créateur éternel, mais il fut très surpris, ainsi que le démon, lorsqu'au lieu
d'une forme glorieuse, il ne retira de son opération qu'une forme ténébreuse et tout opposée à la sienne."


Observons à présent les différences opératives: Dieu forme le premier homme sans recours à la matière. Autrement dit, il use du nombre-principe "3" (pour former) mais n'utilise pas le
nombre-principe "9" (c'est-à-dire qu'il ne crée pas de limite matérielle). En d'autres termes encore, il conçoit une pensée pure. Puis le Créateur place alors son premier mineur dans une couche
spirituelle figurée par six et une circonférence. A noter que le mot "circonférence" est au singulier dans le Traité. Nous ne sommes donc pas dans le cas de sept circonférences successives mais
bel et bien dans le cas du nombre-principe "6" (se rapportant aux six pensées divines représentées par 6 cercles... ce qui n'est évidemment pas la même chose) auquel Dieu adjoint un cercle - la
circonférence -annonçant la jonction avec l'Esprit Saint. En d'autres termes, Dieu "vivifie" ses pensées de création par le nombre-principe "7" et reflète sa propre unité - sa nature divine - à
l'intérieur du "3" (3+7 = 10 = 1). Il me semble important de noter ici que le "7", tout comme l'unité du reste, est un nombre parfait (en ce qu'il n'est le multiple ni le diviseur d'aucun autre
nombre). Par suite, on voit bien que tout ici n'est que pur esprit et que la circonférence n'est nullement une limite physique mais une sorte d'irradiation énergétique qui remplit la forme-pensée
de lumière, de vie et d'amour pour la fusionner d'avec sa source.


Adam, tout au contraire, va tracer physiquement six circonférences. Or d'emblée, le tracé physique est une limitation car il n'est pas une forme-pensée mais une pensée de forme. Adam n'utilise
donc pas le nombre-principe "3" mais le "9"... qui n'est ni plus, ni moins que le cercle duquel l'Unité s'est retirée. A noter qu'en calcul vif, l'addition des racines du "9" donne toujours 9.
C'est le fameux "caput mortuum" dont parlait St Martin (les alchimistes aussi, d'ailleurs), c'est-à-dire cette matière morte, inerte, reconnaissable à sa remarquable fixité en ce qu'aucun agent,
ni aucune opération d'aucune sorte ne parviendra à faire jonction avec elle pour en changer la nature. Et en effet, lorsqu'Adam voulut spiritualiser sa forme morte, il ne put lui adjoindre la
circonférence (9+7 = 16 = 7). En d'autres termes, le "7" revient à lui-même et ne peut pas "rentrer" dans le 9, ne peut pas le "vivifier". La forme qu'Adam venait d'engendrer n'était donc pas une
pensée pure reflétant la volonté divine mais bel et bien sa volonté propre (volonté limitatrice) qui ne pouvait donc rester que sur le plan de la création matérielle. A ce sujet d'ailleurs, il
faut noter que dans le Notre Père, nous disons "que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel..." et non pas "que Ma volonté soit faite etc". Comme quoi, une simple erreur de consonne et
d'initiale peuvent avoir des conséquences désastreuses...


Pour en revenir à la Houva, ce qui est rassurant dans cette histoire, c'est que même l'insinuation de l'intellect démoniaque fut sans conséquence (à sa grande surprise, du reste) puisque 9+5 = 14
= 5. Autrement dit, tout comme l'Esprit Saint ne put rentrer dans l'oeuvre impure d'Adam et faire jonction avec elle pour en changer la nature; de même l'esprit démoniaque (malgré ses efforts de
tentation) ne put rien créer, ni transformer et fut renvoyé à lui-même... Ceci est à méditer d'ailleurs, tant il est vrai qu'il est beaucoup plus commode "d'externaliser" une souillure qui ne
relève que de notre propre fait plutôt que de prendre courageusement la résolution de se laver intérieurement.


En revanche, ce qui me parait important de relever ici, c'est que ce n'est pas le résultat de l'oeuvre d'Adam qui était impur mais bel et bien l'oeuvre elle-même, c'est-à-dire
l'opération par laquelle Adam a obtenu ce résultat de matière. Ce qui me fait dire (mais cela n'engage que moi) que la houva, elle aussi, est finalement de nature divine (ou du moins a-t-elle été
divinisée) en ce que Dieu, dans sa grande miséricorde, lui a insufflé une âme et l'a vivifiée car Lui seul en insufflant directement l'Unité avait la faculté de rectifier l'oeuvre impure d'Adam
et de transformer la pensée de forme en une forme spirituelle (9+1 = 10 = 1). Ce qui nous ouvre - pour nous, hommes incarnés et déchus - un champ d'espérance extraordinaire pour autant que nous
en prenions conscience.


Ceci expliquant peut-être aussi pourquoi le Fils de Dieu (qui est également Fils de l'Homme) a pris chair dans le creux du coeur et du corps d'une femme...


Voilà. Mon commentaire est un peu long, je m'en excuse. En tous cas, merci infiniment pour votre travail qui a ouvert tout grand la fenêtre sur de si belles méditations.


Bien fraternellement.