Les invocations Coens : théurgie, culte des anges ou magie ? (1/3)

Publié le par Esh494

Création universelle

L’appartenance à un ordre Coen permet de gratifier chaque frère de nouvelles forces conférées au travers d’ordinations graduelles. Ces nouvelles forces permettent à  chaque Elu Coen, à partir du grade de Maître Elu (ou Grand Maître Elu Coen), de pratiquer les cérémonials d’invocation qui sont le but et l’essence même de l’Ordre Coen. Car l’appartenance à un ordre Coen est engagement à la pratique du culte qui en est le cœur, culte qu’Adam reçut de l’Eternel, culte cosmique qui est le culte de réconciliation personnelle et universelle et donc de re-sacralisation de la création.

 

Forces conférées par les ordinations car, comme il me plaît souvent à le rappeler autour de moi, les ordinations Coens ne peuvent être considérées comme des réceptions à des grades. Car le système Coen n’est pas un système de grades mais un système de grâces à l’intérieur duquel chaque Elu reçoit, directement ainsi que médiatement par l’entremise des esprits angéliques appelés à cet effet, les grâces du Très Haut. Grâces qui lui permettront, s’il sait en préserver les bienfaisants effets par une pratique régulière de la prière et une ascèse de vie, d’opérer les actes et cérémonials du culte pour lequel il a été élu.

 

Alors se pose la question de la forme de ce culte et en particulier des invocations.

 

Ce culte est dit théurgique car il fait appel à l’intercession des esprits angéliques. Mais il est légitime de se poser la question : théurgie, culte des anges ou simple magie ?

 

La réponse pourrait varier suivant un point de vue ou un autre, suivant un objectif ou un autre, suivant l’intention même de l’opérant ou plus simplement suivant la compréhension que chacun pourra avoir de ces vocables.

 

Mais pour nous, qui sommes attachés à l’Eglise du Christ autant qu’à la l’étude approfondie des rituels Coens dans l’Esprit, la lumière de la foi et des saintes Ecritures,  la réponse s’impose d’elle-même.

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A Tribus Liliis 22/11/2011 11:26

"Le Tout-Puissant plein d'amour et de miséricorde peut, quand il le voudra, faire naître des pierres mêmes des enfants d'Abraham." C'est à bon escient que Willermoz cite cette parole du Christ, qui
bat en brèche les théories de Guénon et tutti quanti sur la "transmission initiatique" par une succession ininterrompue de "rattachements".Ces théories rélèvent d'une conception mécanique et
juridique qui ne laisse aucune place à la liberté souveraine de l'Esprit qui n'est esclave ni du temps ni de l'espace. Si la réalité devait correspondre à ces théories, aucune forme initiatique ne
serait authentique...

On juge l'arbre à ses fruits, enseigne aussi le Christ. Les fruits de la "résurgence" de 1943 ont-ils été bons ? Non, indiscutablement. Il ne pouvait en aller autrement, selon mon opinion, dès lors
qu'au départ se trouvait Robert Ambelain, le mage luciférien. La présence de Robert Amadou, alors âgé de 19 ans seulement et à l'époque sous la coupe d'Ambelain, n'y pouvait rien changer et n'y a
rien changé. Amadou, sur ses vieux jours, émettait de vives réserves sur la résurgence et c'est pourquoi il se refusa toujours à ordonner un Réau+Croix. Mais lui-même partageait l'espoir de
Willermoz d'une renaissance autre, qui serait fidèle aux origines chrétiennes - judéo-chrétiennes, si l'on veut - de l'ordre coën. Si cette renaissance avait lieu, elle devrait partir,
prévenait-il, non du Traité de la Réintégration, qui présente un état primitif et d'ailleurs inachevé de la pensée de Martines, mais des Leçons de Lyon, où ses plus proches disciples ont opéré la
"rectification" (le terme est d'Amadou) de cette pensée.

Il est clair que les orientations présentées par vous, Esch, sont tout à fait conformes à ce schéma.

Jacob 20/11/2011 10:47

Vous m'inquiétez plus encore par votre réponse.

Vous dites être fidèle à l'Eglise et pouvoir être coën par une "opération" sui generis ?

Mais c'est une affirmation de pure subjectivité que vous formulez là. Etre rattaché à un ordre, ou appartenir à l'Eglise, n'est pas un acte subjectif, ce n'est pas quelque chose que l'on décrète
mais auquel on est agrégé en vertu d'une transmission authentique, surtout si vous faites allusion à des critères intiatiques qui ont à voir avec la théurgie. Là c'est sérieux !

Nul ne peut se faire apprenti, compagnon ou maître du RER tout seul dans sa cuisine vous en serez d'accord... alors encore moins élu coën, il faut être fou pour l'imaginer !

L'ordre qui protège et l'Eglise qui baptise sont ou ils ne sont pas.

Et si l'ordre n'est pas puisque la Providence en a voulu ainsi (et Willermoz aussi car sa petite phrase dit ça en réalité) alors mieux vaut rester prudent en évitant de manipuler des rituels sans
critères objectifs de rattachement.

Esh494 20/11/2011 18:15



Cher Jacob je respecte et approuve votre prudence quant à une filiation subjective qui ne reposerait pas sur un Ordre établi. Ceci dit, et
je serais là un peu provocateur, si tel avait été le cas il n'y aurait eu ni Résurgence ni même aucun Ordre Martinisme. Alors ?


Et bien je ne peux que réitérer ce que j'ai déjà écrit : toute tentative de ré-animation de l'Ordre (car l'Ordre ne disparaît pas il ne
peut être qu'en sommeil, comme inanimé) doit se fonder sur le respect scrupuleux de son esprit et de ses rituels. Alors, et seulement alors, la divine Providence viendra - ou ne viendra pas -
confirmer ce réveil par les marques de la réconciliation. C'est ce sur quoi ont déclaré s'être basés les frères de la Résurgence, peut-être de façon un peu abusive. Mais ce qui est certain pour
moi c'est que l'esprit originel de l'Ordre a par la suite été dévoyé par les héritiers de cette Résurgence. Et tous les Ordres existant se réclamant d'elle -  et uniquement d'elle - portent
malheureusement les marques de ce dévoiement sauf quand ils s'appliquent à en rectifier l'esprit et la forme par leurs travaux, en retournant à l'esprit et aux formes originelles des Coens des
Leçons de Lyon, c'est à dire à un esprit délibérément chrétien. En ceci réside la fidélité à l'Eglise, l'Ordre n'ayant d'autre lien avec elle que ceux de l'Esprit et du baptème des frères qui le
composent.



julien 19/11/2011 18:09

mon frére voila une fois de plus un billet de grande valeur.en effet le culte (invocations) coens ,peut etre considerer comme une pratique théurgique ,comme le pratiquer d ailleur proclos,
jamblique...certain parlerons meme de magie blanche chretiene ,que l ont retrouve d ailleur dans les célebres pentacles de l abbé julio comme le souligne denis labourés.je pense pour ma part que la
pratique du culte coens et comforme a un christianisme primitif.paix et amour en christ.

Esh494 20/11/2011 18:16



Merci Julien pour votre commentaire. A bientôt.



Jacob 18/11/2011 14:51

Vous dites "L’appartenance à un ordre Coen", mais cet Ordre a disparu sans succession au XVIIIe siècle, il n'y a ainsi plus d'Ordre coën aujourd'hui. J'espère donc que vous ne faites pas allusion
au prétendu "réveil" occultiste de Robert Ambelain et Lagrèze au XXe en parlant "d'Ordre", et surtout que vous n'êtes pas rattaché à cette supercherie dangereuse car dans ce cas vous seriez très
éloigné de l'Eglise à laquelle vous assurez être fidèle ?

Esh494 19/11/2011 15:09



En effet, cher Jacob, l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Cohens de l’Univers est rentré en sommeil à la fin du XVIIIème siècle, quelques décennies après le passage à l’orient éternel de son Grand Souverain Martines de Pasqually. La
Résurgence de 1943 n’a jamais d’ailleurs revendiqué ni documenté une quelconque filiation directe.


Le problème de la succession ininterrompue de la transmission reste donc entier et nul n’est en mesure de la certifier à ce jour. Cependant,
est-ce vraiment un problème ?


Suivant l’enseignement professé par Martines de Pasqually lui-même, on tiendra pour acquis que la réception des grades et ordinations se fait
par communication d’un influx sui generis que tout homme est à même de générer s’il intègre au plus profond de lui-même les enseignements, la rituélie et les pratiques de l’Ordre
primitif. Ainsi, considérant que la science de cet Ordre relève de la science primitive de l’homme, chaque homme qui en jouit pourra à juste titre prétendre à une filiation spirituelle avec le Haut et Saint Ordre dont
l’Ordre des Elus Coens est une des manifestations en ce monde. Ceci est-il applicable à la Résurgence ? Je laisse chacun répondre à cette question.


De notre côté nous affirmons donc qu’un Ordre Coen n’a pas d’obligation à afficher une quelconque filiation par rapport à la Résurgence pour
exister, mais nécessite une filiation spirituelle ainsi que les marques de la réconciliation à laquelle visent les travaux de l’Ordre. Nous voulons pour témoignage de cette affirmation ce que +Robert Amadou
écrivit dans ses Documents Martinistes : 


« Il y aurait beaucoup à écrire sur la transmission légitime des pouvoirs initiatiques. On ne voit pas pourquoi
des organisations entièrement disparues aujourd'hui ne pourraient être relevées s'il s'avère que leur tradition ésotérique a été retrouvée et pourvu que l'investiture initiatique leur soit
conférée régulièrement, c'est-à-dire hiérarchiquement. Les choses qui ont cessé d'exister sur le plan historique visible demeurent vivantes et virtuelles sur le plan spirituel. Il ne s'agit pas
de recréer, mais de ré-animer. Si l'on admet la perspective ainsi ouverte, tout
essai de réanimation de l'Ordre des Elus Cohen n'exigerait que la fidélité la plus profonde à l'enseignement de Martines de Pasqually, gnostique et kabbalistique, relevant de l'ésotérisme
judéo-chrétien ; à la structure administrative de l'Ordre, qui est de caractère maçonnique ; au rituel, et notamment à la théurgie cérémonielle
[souligné par le rédacteur]. Cette théurgie, au demeurant, permettrait, grâce aux éventuelles réponses de la Chose, de vérifier expérimentalement la réanimation de l'Ordre, le rattachement
réinventé à sa succession interrompue. » 


Et nous complétons avec ce court passage d’une lettre de Jean-Baptiste Willermoz, souvent mal interprétée par nos
contemporains :


«  De tous les Réaux-Croix que j'ai connus particulièrement, il n'en reste point de vivant. Aussi il me
serait impossible de vous en indiquer aucun pour après moi. Je doute même que le temps présent soit propre à en préparer, mais nous savons tous que le Tout-Puissant plein d'amour et de
miséricorde peut, quand il le voudra, faire naître des pierres mêmes des enfants d'Abraham. »


 




Hervé-Masson, Des processus psychologiques du symbolisme, Le Symbolisme, octobre-décembre 1965, p. 51.n.l.




Lettre de Jean-Baptiste Willermoz au Baron de Turkhein des 21-31 mars 1822. Ce courrier mentionne clairement qu’il est de
la volonté seule du Tout-Puissant de re-animer l’Ordre. Et que cette ré-animation se fera dans l’Esprit et par l’Esprit. L’allusion à Abraham est signifiante si nous considérons qu’Abraham
ayant une femme stérile fut père d’une multitude ; et que cette multitude lui fut donnée par l’Eternel et par l’influx vivifiant de l’Esprit qui fit naître d’une terre stérile, pierre
inerte, une multitude d’hommes.