Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob : une invocation très chrétienne (1/3)

Publié le par Esh494

medium Abraham-Isaac-JacobDans leurs prières et invocations, les Elus Coens font le plus souvent appel au « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob ».

 

Cette formule particulière, quoique parfois usitée dans la liturgie de l’Eglise, doit retenir toute notre attention dans la mesure où elle amène celui qui l’utilise à rappeler que la puissance, la justice et la miséricorde divines s’appliquèrent dans l’histoire de l’humanité sur les trois patriarches cités issus de la même lignée de père en fils.

·   Sur Abraham par l’alliance que Dieu fit avec lui et qu’il rendit réversible sur tout le peuple hébreux en promettant à Abraham une grande descendance : «Voici quelle est mon alliance avec toi. Tu deviendras le père d’un grand nombre de nations.  On ne t'appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d'un grand nombre de nations.» (Gen. 15, 4-5)

·   Puis sur Isaac dont Dieu demanda le sacrifice libre. « Dieu dit : « Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac. Va-t-en au pays de Moriah et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai. » (Gen. 22, 2). Ce sacrifice Lui fut accordé par son père Abraham et accepté librement par Isaac qui fit ainsi le sacrifice de sa volonté qui fut le seul que Dieu acceptât : « Puis Abraham tendit la main et prit le couteau pour égorger son fils. Alors l’ange de l’Eternel l’appela depuis le ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’ange dit : « Ne porte pas la main sur l’enfant et ne lui fais rien, car je sais maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils unique.» (Gen. 22, 11-12)

· Enfin sur Jacob, fils d’Isaac, qui malgré ses usurpations et ses nombreuses prévarications fut gratifié de la vision des cieux par l’intercession des anges de l’Eternel : «Il fit un rêve : une échelle était appuyée sur la terre et son sommet touchait le ciel ; des anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle. L’Eternel se tenait au-dessus d’elle.» (Gen. 28, 12)

 

Le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob est donc bien le Dieu qui œuvre sans cesse à renouveler l’alliance qu’il a faite avec son peuple au travers des patriarches élus en les gratifiant de toutes ses grâces à la hauteur des épreuves auxquelles ils sont parfois soumis et qu’ils acceptent dans leur crainte de l’Eternel. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob et le  Dieu de l’Ancienne Alliance, de cette alliance qui se transmet sur la postérité de ces mêmes patriarches et à travers elle sur toute l’humanité sur laquelle il répand ses bénédictions. Même le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est-il uniquement le Dieu de l’Ancienne Alliance ?

Rien n’est moins sûr et nous allons le montrer. En effet, revenons sur chacun des Patriarches susmentionnés et regardons dans l’Ecriture et avec Martinès de Pasqually quel est le type réel de ceux-ci.

 

Relativement à Abraham, Martinès nous dit dans son Traité de la  Réintégration :

« Vous savez que le nom d'Abram fut changé en celui d'Abraham. Le premier nom signifie un père charnel terrestre, élevé au-dessus des pères ordinaires de postérités matérielles terrestres ; aussi il n'y a jamais eu parmi les pères particuliers temporels un homme plus élevé en postérité charnelle qu'Abram. (…) Il est vrai qu'Abraham a succédé en ceci au défaut d'Adam, puisque d'Abraham est véritablement sortie une postérité de Dieu. C'est, en effet, dans la société d'Abraham que le Créateur a fait son élection générale et particulière : la première, pour manifester sa justice, et l'autre, pour manifester sa gloire. »

 

Martinès enseigne ainsi qu’Abram fut le père d’une postérité charnelle mais qu’Abraham fut quant à lui père d’une postérité de Dieu. Ceci est totalement conforme à l’Ecriture Sainte qui dit :

«Voici quelle est mon alliance avec toi. Tu deviendras le père d’un grand nombre de nations.  On ne t'appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d'un grand nombre de nations. » (Gen. 17, 4-5)  et aussi : « Après l'avoir conduit dehors, il [Dieu] dit: «Regarde vers le ciel et compte les étoiles, si tu peux les compter.» Il lui affirma: *«Telle sera ta descendance.» (Gen. 15, 5)

 

Ce dont nous déduisons qu’Abraham, père d’une multitude indénombrable, est le type de toute paternité spirituelle par l’alliance que Dieu fait avec sa descendance ainsi que temporelle. Il est donc le type du Créateur, du Père éternel.

 

Isaac, premier fils d’Abraham et de sa femme stérile Sara, fut engendré quant à lui selon l’esprit de Dieu. En effet, n’est-il pas dit dans l’Ecriture :

« Dieu dit à Abraham: «Quant à ta femme Saraï, tu ne l'appelleras plus Saraï, car son nom est Sara. Je la bénirai et je te donnerai même un fils à travers elle. Je la bénirai et elle donnera naissance à des nations; des rois seront issus d'elle.» (Gen. 17, 15)

 

 Isaac est donc le fils engendré dans l’Esprit et non dans la passion des sens. Aussi, fut-il dès sa naissance dévoué à Dieu, comme Abel, fils d’Adam le fut en son temps. Tout comme Abel, il voua sa vie au culte et à la réconciliation de ses pères et de l’humanité comme nous l’indique le Traité :  

« Il [Isaac] lui dit [à Abraham], selon l'instruction intérieure qu'il en avait reçue de l'intellect spirituel divin, qu'il était temps qu'il fît usage de toutes les sciences divines dont il était instruit et qu'il offrît un sacrifice à l'Eternel. Abraham lui répondit : "Qu'il soit fait, mon fils, ainsi que tu le désires, et que le sacrifice que tu te proposes d'offrir au Créateur serve d'expiation aux hommes de la terre, pour qu'ils soient remis en grâce, qu'ils rentrent dans leurs vertus premières, et qu'ils opèrent efficacement le culte divin pour lequel ils ont été créés."

 

Le culte qu’Isaac souhaita vouer à l’Eternel, et les sacrifices qu’il désira offrir furent portés à leur paroxisme quand Isaac accepta de porter en offrande à Dieu le sacrifice de sa vie suivant ce que nous dit l’Ecriture :

« Alors Isaac s'adressa à son père Abraham en disant: «Mon père!» Il répondit: «Me voici, mon fils!» Isaac reprit: «Voici le feu et le bois, mais où se trouve l'agneau pour l'holocauste?» Abraham répondit: «Mon fils, Dieu pourvoira lui-même à l'agneau pour l'holocauste.» Et ils continuèrent à marcher tous les deux ensemble. Lorsqu'ils furent arrivés à l'endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y construisit un autel et rangea le bois. Il attacha son fils Isaac et le mit sur l'autel par-dessus le bois. (Gen. 22, 7-9)

 

Par ce sacrifice volontaire, le sacrificateur qu’il devait être devint le sacrifié. Isaac ne se débattit point et accepta ce que lui proposait son père. Il n’alla point contre la volonté de Dieu et de son père et fut donc sauvé par cet abandon, Dieu arrêtant le bras sacrificateur d’Abraham, ainsi qu’il est dit dans l’Ecriture (Gen. 22, 11-12). Isaac fut donc comme ressuscité de la mort que représentaient l’abnégation et l’abandon de sa volonté propre. En cela, il est le nouvel Abel, le type parfait du Christ qui fit don de sa volonté humaine en acceptant la coupe que lui proposait le Père.

 

La figure de Jacob est différente et plus complexe.

 

(à suivre)

 


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