La femme, Eve et Houva

Publié le par Esh494

La tentation d'Eve - CranachLes religions monothéistes, s’appuyant sur le récit de la Genèse, ont longtemps considéré unanimement - et considèrent parfois encore - la femme comme responsable de la chute d’Adam. Cette femme, qu’elles nomment Eve, séduite par le serpent, aurait amené Adam à pécher contre son créateur en désobéissant au commandement qui lui avait été donné. Fortes de cette lecture, ces mêmes religions firent porter à Eve toute la culpabilité d’une faute dont ces mêmes religions estimèrent qu’elle fut la perverse instigatrice. Eve serait donc maudite ! Et, pis encore, elles considérèrent que cette perversion, cette immonde salissure, fut rendue réversible sur l’ensemble des femmes. Elles ont ainsi longtemps déprécié - et déprécient parfois encore - les vertus des femmes en tant que descendantes et représentantes d’Eve, considérant même souvent l’être féminin comme inférieur à celui de l’homme.

 

Mais si nous ne pouvons contester le rôle important, voire décisif, que joua la femme dans la chute de l’humanité consécutive à la faute d’Adam, il ne faut cependant pas confondre la femme et Eve, et donc faire porter sur les descendantes d’Eve - encore trop souvent de nos jours - la culpabilité originelle de la femme.

 

Encore moins en tant que martinésistes chrétiens, si nous considérons que l’Ordre des Elus Coëns de Martinès de Pasqually autorisa la réception des femmes sans aucune réserve sinon celles propres aux enquêtes dont chaque postulant devait faire l’objet. Si nous adoptions cette vision un peu trop facile et, nous oserons le dire, confortable des choses, comment pourrions-nous alors agir et vivre au sein d’un Ordre dont nous revendiquons la filiation spirituelle avec l’Ordre historique ?

 

Pour bien analyser, dans le drame de la chute, le rôle de la femme et celui d’Eve, que nous distinguons, il nous faut étudier attentivement quelles furent les circonstances de cette chute. Nous ferons, comme à notre habitude, cette analyse à la lumière du Traité de la Réintégration et d’autres écrits de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers que nous confronterons au récit biblique de la Genèse.

 

Il est communément admis de dire que la chute entraîna la dualité là où seulement l’unité régnait, et que cette dualité s’exprime par la séparation des sexes, c'est-à-dire la création d’Eve.  Cependant, pour Martinès, cette dualité n’est pas consécutive à la formation d’Eve - qu’il nomme Houva -  ni même relative à la création d’Eve, mais elle s’exprimera par la jonction de la volonté d’Adam avec celle du prince des ténèbres, c'est-à-dire avec la volonté de Satan. Ce sera là que l’union d’Adam avec le Créateur sera mise à mal. Chez Martinès, la dualité, exprimée par le binaire qu’il dit être le nombre de la femme, c’est la confusion, ce qui divise.

 

Cette dualité, n’est pas non plus la conséquence de ce détournement de l’Un mais plutôt l’expression manifeste d’une dualité inscrite en Adam en potentialité et donc bien réelle. Et cette dualité existe de manière latente chez Adam avant la création de la femme, car dès la création de l’homme le récit de la Genèse dit : « Dieu créa donc l'homme à son image ; il le créa à l'image de Dieu, et il les créa mâle et femelle » (Gen. 1,27). Adam possède donc une partie féminine et cette partie féminine d’Adam est justement celle qui lui permet de recevoir impression de Satan. Cette féminité c’est l’âme intuitive, celle par laquelle les impressions spirituelles passent. Ce sont les sens spirituels de l’âme d’Adam, sens qui lui permettent de communiquer librement avec les esprits de la création mais aussi de recevoir les intellects des esprits prévaricateurs. C’est alors  par là que Satan attaquera Adam ne pouvant directement attaquer son esprit. La dualité est donc bien inscrite comme une possibilité dans l’homme dès sa création, par ses aspects masculin et féminin, mais ne s’exprimera que par la faute liée à la confusion.

 

La  Genèse mentionne ensuite la création de la femme à partir du côté d’Adam, création qui apparaît comme antérieure à la faute qu’elle suscitera. Selon Martinès, en revanche, la faute est préalable à la création d’Houva, ou Eve, qui en est la conséquence. Y a-t-il alors contradiction ?

 

Si nous regardons bien, il y a dans la Bible deux créations : lors de la première il est dit : « Dieu dit aussi : Que la terre produise des animaux vivants chacun selon leur espèce, les animaux domestiques, les reptiles et les bêtes sauvages de la terre, selon leurs différentes espèces. Et cela se fit ainsi. Dieu fit donc les bêtes de la terre selon leurs espèces, les animaux domestiques et tous les reptiles chacun selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon. » (Gen. 1, 24-25) Puis avant la création de la femme il est dit : « Le seigneur Dieu ayant donc formé de la terre tous les animaux terrestres et tous les oiseaux du ciel, et il les amena devant Adam, afin qu’il vît comment il les appellerait. Et le nom qu’Adam donna à tous les animaux est son nom véritable. Adam appela donc tous les animaux d’un nom qui leur était propre, tant les oiseaux du ciel que les bêtes de la terre. Mais il ne se trouvait point d’aide pour Adam qui lui fût semblable. » (Gen. 2, 19-20) Ceci pourrait sembler paradoxal. Car enfin, pourquoi répéter dans le récit, la création des animaux ? sauf s’il n’y a pas une véritable répétition à l’identique.

 

En effet, il est écrit en Gen 2, 19 « Dieu ayant donc formé de la terre tous les animaux ». De la terre ! alors que rien de tel n’est spécifié précédemment en Gen 1, 25. Il y a donc bien une deuxième création qui, en réalité, est une formation et matérialisation de la première par la terre, la première création n’étant qu’en pensée et en intention inscrite dans le chaos primordial au sein du matras philosophique. Les pensées divines s’inscrivent dans ce chaos, mais ce chaos n’est pas encore formé et n’a point de substance réelle. La première création est donc toute spirituelle ; la seconde est toute spiritueuse car la terre dont il s’agit ici n’est pas une terre matérielle, c’est un limon, le même limon qui plus tard composera le corps de l’homme. Elle est ainsi d’une nature semblable à celle du corps glorieux de l’homme qui en a été tiré comme il est écrit : « Le seigneur Dieu forma donc l’homme du limon de la terre. » (Gen. 2, 7) Mais lors de cette création de formes, création du Jardin d’Eden - qui est la couche glorieuse inscrite au centre des six circonférences des six pensées divines créatrices et au centre de laquelle l’homme doit régner et dominer les esprits pervers - Dieu sait déjà que l’homme, qui va y être émancipé, peut pécher. C’est pourquoi en Gen. 2, 17 il est écrit : « mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Ainsi Dieu a déjà prononcé une sentence car Il connaît la possible inclination d’Adam vers les intellects mauvais et sait déjà qu’il peut succomber à la ruse de Satan. En effet, Il connaît Satan et sait que la partie féminine d’Adam est susceptible d’impressions fortes que Satan tentera d’imprimer sur lui. Alors Dieu prononce sa sanction : c’est la mort spirituelle et le passage d’un état corporel impassif à un état passif.

 

Satan prit une forme glorieuse, à l’image d’un véritable démiurge, afin de faire impression sur Adam. En effet, Satan, connaissant la constitution de l’homme, l’attaqua ainsi par le biais de ses sens spirituels qui sont sa féminité. Là, Adam, subjugué par ce Tentateur et l’apparence qu’il lui plut de prendre pour tromper l’homme-dieu, Adam sous le choc de la vision de cette forme glorieuse égale à nulle autre, se trouva spirituellement affaibli. Satan attaqua si fortement Adam, que celui-ci fut troublé et tomba dans un sommeil d’extase :

« A ce discours de l'esprit démoniaque, Adam resta comme dans l'inaction, et sentit naître en lui un trouble violent, d'où il tomba dans l'extase. C'est dans cet état que l'esprit malin lui insinua sa puissance démoniaque. » (Traité, 13)

 

Ainsi, dans cette extase, la confusion s’empara d’Adam. Nous devons comprendre que ce trouble, qui se transforme en extase, laisse libre cours aux sens spirituels d’Adam. En effet, l’esprit mineur d’Adam fut endormi et donc impuissant. Les sens d’Adam purent alors recevoir impression de l’esprit démoniaque. Ce sommeil permit donc aux sens spirituels de s’affranchir du mineur et donc à la féminité d’Adam de s’émanciper. Voilà la création de la femme, dans le sommeil d’Adam, qui est cette émancipation permettant aux sens spirituels de vraiment s’exprimer dont la Genèse nous instruit en ces termes : « Le Seigneur Dieu envoya donc à Adam un profond sommeil ; et lorsqu’il était endormi, il tira une de ses côtes, et mit de la chair à la place. Et le Seigneur Dieu, de la côte qu’il avait tire d’Adam, forma la femme et l’amena à Adam. » (Gen. 2, 21-22). Ces sens s’expriment alors en s’ouvrant à l’influx d’esprits contraires à la volonté divine, expression permise par l’absence de tension de l’esprit, ou mineur quaternaire, vers la volonté et la pensée divines. C’est la l’expression pleine de la dualité qui jusqu’à présent n’était que latente ; c’est aussi là que s’installe la confusion. Et c’est pourquoi le Christ implorera ses apôtres à toujours rester en prière et à ne pas s’endormir pour ne pas entrer en tentation : « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez point dans la tentation ; l’esprit est prompt, mais la chair est faible. » (Mat. 26, 41)

 

C’est donc sachant la faute possible que Dieu créa la femme, c’est à dire acheva aussi l’émancipation d’Adam. Car l’amour de Dieu étant infini, il ne peut empêcher l’homme de faire son expérience de la vie, de grandir et de se perfectionner. Et la faute, l’erreur, est source de perfectionnement de soi-même si elle est reconnue, avouée et si on cherche à y remédier en implorant les secours du Créateur qui ne souhaite qu’aimer l’homme et lui permettre de se grandir. Alors, cette création de la femme, qui est dite être « une aide » pour l’homme, permet à Adam de vraiment faire usage de son libre arbitre, de ses sens spirituels et de jouir totalement de sa liberté. Car pour faire usage de ce libre arbitre, encore fallait-il qu’un choix fût possible. Et pour cela il fallait rendre l’homme réellement susceptible de recevoir impression de tout esprit. Cette faculté est donc rendue possible par la création de la femme, c’est à dire par la libération de cette faculté qui grandit l’homme en l’émancipant réellement et totalement de son Créateur. Si donc dès sa création l’homme possédait en puissance cette faculté d’intuition et de sensibilité spirituelle, ces possibilités sont maintenant, grâce à la création de la femme, bien réelles et effectives.

 

C’est donc bien par cette faculté féminine que, une fois sorti de son extase, c’est à dire en pleine possession de son libre arbitre libéré par l’émancipation de la femme, l’homme accomplit sa prévarication :

« Adam, revenu de son extase spirituelle animale, mais ayant retenu une impression mauvaise du démon, résolut d'opérer la science démoniaque préférablement à la science divine que le Créateur lui avait donnée pour assujettir tout être inférieur à lui. Il rejeta entièrement sa propre pensée spirituelle divine, pour ne faire usage que de celle que l'esprit malin lui avait suggérée. » (Traité, 13)

 

Et que dit ensuite la bible ? L’homme ayant commis sa faute, il prit conscience de son état, de sa différence, vit qu’il était maintenant souillé par cette faute. Il conçut l’étendue du changement qui s’était opéré, tant dans sa forme, que dans ses puissances et dans l’émancipation de ses sens spirituels qui devaient maintenant l’amener à susciter l’opération de son libre arbitre soumis à des impressions contradictoires qui devaient jeter un trouble bien plus grand encore que celui suscité par Satan. Le trouble du choix, de la conscience du bien et du mal, des aspirations contraires qu’ils n’avait jamais ressenties, ni dans son ^me ni dans ses sens ni dans son cœur ni dans son esprit, n’ayant dans son état d’enfance spirituelle qu’à suivre la seule pensée divine dans laquelle il lisait comme dans un livre. Alors tout son être, devenu duel, eut peur et honte disant qu’il était nu, ou, plutôt qu’ils étaient nus, et ils se cachèrent, s’éloignant plus encore de son Créateur :

« En même temps leurs yeux furent ouverts à tous les deux ; ils reconnurent qu’ils étaient nus ; et ils entrelacèrent des feuilles de figuier et s’en firent de quoi se couvrir. Et comme ils eurent entendu la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le paradis après midi, lorsqu’il se lève un vent doux, ils se retirèrent au milieu des arbres du paradis, pour se cacher de devant sa face. »  (Gen. 2, 7-8)

 

Adam avoua ce qui s’était passé, reconnaissant qu’il s’était laissé influencer par LA femme, et qu’il avait permis par elle que le serpent fît impression sur lui : « Adam Lui répondit: La femme que tu m’as donnée pour compagne m’a présenté du fruit de cet arbre, et j'en ai mangé. » (Gen. 3, 12).  Dieu évoqua alors la sentence : « la terre sera maudite à cause de ce que vous avez fait, et vous n’en tirerez de quoi vous nourrir pendant toute votre vie qu’avec beaucoup de travail. » (Gen. 3, 17)

 

Le résultat de cette prévarication, Martinès nous l’enseigne en ces termes :

« Il exécuta physiquement et en présence de l'esprit séducteur sa criminelle opération. Il s'était attendu à avoir le même succès que le Créateur éternel, mais il fut extrêmement surpris ainsi que le démon, lorsqu'au lieu d'une forme glorieuse, il ne retira de son opération qu'une forme ténébreuse et toute opposée à la sienne. Il ne créa en effet qu'une forme de matière, au lieu d'en créer une pure et glorieuse telle qu'il était en son pouvoir. » (Traité, 23)

 

Ainsi, la faute d’Adam résulta en une création d’une forme de corps d’apparence matérielle. Et cette prévarication ne se limita pas à cette création matérielle mais altéra toute la création qui est maintenant maudite, souillée : « Elle [la terre] vous produira des épines et des ronces, et vous vous nourrirez de l’herbe de la terre. » (Gen. 3, 18) La création fut ainsi dégénérée, c’est à dire qu’elle revêtit de même une apparence matérielle. Et c’est alors que l’homme nomma sa femme Eve : « Et Adam donna à sa femme le nom d'Eve, parce qu’elle était la mère de tous les vivants. » (Gen. 3, 20) Une nuance fondamentale est ici introduite : Adam ne mentionne pas la femme mais sa femme. Sa femme c’est sa créature, alors que la femme désigne la partie féminine d’Adam, ces sens spirituels qui se sont émancipés de l’esprit. Et c’est pour cela qu’il donne à sa femme, sa créature, un nom, celui d’Eve ou Houva pour Martinès :

« Adam satisfit à la volonté divine ; il avoua avec la plus grande sincérité l'ouvrage de sa maudite pensée et l'opération de sa propre volonté, qui devait le lier avec le fruit de son travail pour un temps immémorial. Il confirma cet aveu en donnant à ce fruit de sa prévarication le nom de Houva, ou Hommesse, qui signifie chair de ma chair, os de mes os, et l'ouvrage de mon opération conçue et exercée par l'oeuvre de mes mains souillées. » (Traité, 44)

 

Nous ne pouvons douter que Houva, ou Eve, fut la création d’Adam. Car l’on ne peut nommer que ce dont on connaît la nature, les lois d’action et sur lequel on a un ascendant ; et quel plus grand ascendant y a-t-il que celui du créateur envers sa créature ?

 

Que nous disent alors les écritures relativement à la sentence qui frappa Adam et sa femme ?

«Le Seigneur Dieu fit aussi à Adam et à sa femme des habits de peau, dont il les revêtit. Et il dit: Voilà Adam devenu comme l'un de nous, sachant le bien et le mal. Empêchons donc maintenant qu’il ne porte sa main à l'arbre de vie, qu’il ne prenne aussi de son fruit, et qu’en mangeant il ne vive éternellement. Le Seigneur Dieu le fit ensuite sortir du jardin délicieux, pour travailler à la culture de la terre dont il avait été tiré. » (Gen. 3, 21-23)

 

Adam et Eve furent donc revêtus d’une tunique de peau. Car si Houva est une créature en forme de matière élémentaire apparente, Adam « hérite » par elle de ce nouvel habit et de la nouvelle qualité qui l’accompagne qui est la corruptibilité :

« Si l'on demandait encore comment s'est fait le changement de la forme glorieuse d'Adam dans une forme de matière, et si le Créateur donna lui-même à Adam la forme de matière qu'il prit aussitôt après sa prévarication, je répondrai qu'à peine eut-il accompli sa volonté criminelle que le Créateur, par sa toute puissance, transmua aussitôt la forme glorieuse du premier homme en une forme de matière passive semblable à celle qui était provenue de son opération criminelle.» (Traité, 24)

 

Adam ne pouvait échapper à cette sentence. Car ayant voulu créer seul, par des opérations impures dictées par Satan, un être semblable à lui ; et n’ayant créé qu’une forme ténébreuse de matière, il devait lui même endosser cette même forme, conformément à la promesse du Créateur Tout Puissant qui était qu’Adam pourrait, par son opération conjointe à la sienne, créer sa propre postérité. Mais par la même promesse immuable, l’Eternel, en même temps qu’il prononçait sa sentence, couronna l’œuvre d’Adam en animant spirituellement la forme de matière créée par celui-ci :

« Le Créateur agit avec Adam ainsi qu'il le désirait, et lui accorda le couronnement de son ouvrage en renfermant dans la forme de matière créée par Adam, un être mineur que le malheureux Adam a assujetti dans une affreuse prison de ténèbres, et qu'il a rendu par ce moyen susceptible d'être pensif et pensant en le précipitant dans une privation éternelle ou limitée. » (Traité, 30)

 

Et c’est ainsi revêtus qu’ils furent tous deux chassés du lieu originel d’émancipation d’Adam, et du lieu de création d’Houva, pour venir sur la terre souillée par la prévarication, terre transmuée de spiritueuse en forme d’apparence matérielle :

« Le Créateur transmua cette forme glorieuse [d’Adam] en précipitant l'homme dans les abîmes de la terre d'où il avait sorti le fruit de sa prévarication. L'homme vint ensuite habiter sur la terre comme le reste des animaux, au lieu qu'avant son crime il régnait sur cette même terre comme Homme-Dieu, et sans être confondu avec elle ni avec ses habitants. » (Traité, 24)

 

Toute la postérité d’Adam sera par la suite héritière de cette forme d’apparence matérielle, et c’est pour cela qu’il est dit d’Eve qu’« elle était la mère de tous les vivants. »

 

La femme est-elle donc coupable ? certainement si nous considérons la femme et non pas Eve. Car la femme, c’est l’âme subtile et intuitive d’Adam, la porte de son cœur et l’expression de l’émancipation de son libre arbitre dont il fit un coupable usage.  Et par la femme c’est Adam qui est le vrai et unique coupable. En effet, selon Martinès la véritable prévarication ne pouvait venir que de l’abus des puissances et vertus provenant directement du Créateur. Or, la femme, encore liée à l‘homme comme nous l’avons vu, attribut de l’homme, ne possédait pas lesdites puissances et vertus et n’en jouissait que par l’homme. Aussi, seul l’homme pouvait être le véritable prévaricateur. Tout au contraire, nous dit Martinès, une fois chuté l’homme fut réconcilié du fait de l’expression de son repentir, de ses gémissements, et Houva le fut par lui. La femme fut alors détachée d’Adam pour venir habiter Houva et le Créateur insuffla en elle un mineur quaternaire qui vint couronner l’œuvre de l’homme. La chute mit ainsi en évidence la dualité engendrée par Adam.

 

Il ne faut donc pas confondre la femme et Houva, ou Eve, qui sont bien distinctes mais que malheureusement la plupart des confessions monothéistes ont associées, à tort, imprimant sur la femme, descendante d’Eve, une image dégradée et dégradante qui est illégitime.

 

L’illégitimité de cette dégradation et de la culpabilité originelle d’Eve est soulignée par Martines dont nous apprenons dans le Registre Vert des Elus Coëns :

« Eve, la mère des vivants, ne fut point criminelle dans les premiers temps ; son origine ne vient point de la pensée, de la volonté, de l’action, ni de la parole ni du verbe de l’Eternel : aussi ce n’est pas la puissance d’Eve que le Seigneur a dégradée d’abord, ni sa personne qu’Il a frappée et ce n’est point sur elle qu’il a en premier lieu manifesté la rigueur de sa justice, ni l’éclat de sa gloire ; mais bien sur la personne du premier homme qu’il maudit avec toute la terre ; il maudit ensuite les oeuvres opérées par la parole et la pensée de l’homme dieu de la terre ; ce n’est point Eve que le Seigneur a réconciliée avec lui, c’est le premier homme et non l’oeuvre de sa pensée : en réconciliant l’homme avec lui, le Seigneur a réconcilié la terre avec l’homme et il a couronné sa justice et sa gloire en bénissant la première femme par des merveilles divines. »[1]

 


[1] Registre Vert des Elus Coëns – BnF FM4 1282 – Morceaux détachés du Livre blanc - 762

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jul 22/08/2014 13:13

Bonjour,

Oui, Frère Elyôn est bien le premier et le dernier des Prophètes, ou Elie réincarné, en ces temps de la fin et j'en suis personnellement convaincu ! Car nul homme au monde ne peut apporter autant de Révélations surprenantes, mais toujours en corrélation avec les Saintes Écritures, si Frère Elyôn n'était pas L'Envoyé de la Sainte Trinité ! D'autant plus qu'Elie est annoncé, mais aussi Enock, par la venue des "deux Témoins" dans l'Apocalypse de Saint Jean. Prophétie également révélée par La Sainte Vierge Marie à Mélanie de la Salette. Aujourd'hui, c'est Elie seul qui se présente à nous et c'est une grande grâce pour nous autres Français, mais aussi pour les Européens : Dieu soit loué ! L'autre Témoin, d'après Frère Elyôn interviendra plus tard, lorsqu'il sera prêt. Frère Elyôn le connait, mais lui ignore encore sa Mission. Alors n'hésitons pas à aller sur le Site Sacré, voulu par Dieu, afin que nous recevions une grande Lumière, nous qui sommes dans les ténèbres depuis trop longtemps ! Nous qui croyons détenir une forme de vérité, et bien nous en sommes très loin de la pensée du Père éternel ! Voilà pourquoi, et pendant qu'il en est encore temps, parce que sous peu il sera trop tard, je vous invite cordialement à visiter le Site Sacré...

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